Il y a ces hauts, où j'ai ce sentiment de privilège aigu de pouvoir aiguiser des idées dans une communauté d'artistes de la pensée. Il y a ces bas, où les cisailles sont lourdes, où les espace de réflexion de mon cerveau se résignent comme des territoires conquis dans une bataille qui continue d'être livrée. Il y a tout le vide, celui des jours où je ne fais rien d'autre que de me dire qu'il fait vraiment que je commence. Je suis fatiguée.
Plus j’avance dans mon parcours scolaire, plus je me sens loin de mes racines, dans des groupes de plus en plus privilégiés, qui n’ont souvent pas à nécessairement à travailler sur l’intégration de leurs souvenirs dans chaque problématique sociale qu’on regarde. On est pas du même monde et ce qui résonne ces jours ci, c’est l’impression de ne jamais être avec mes pairs nulle part, quand ceux qui peuvent comprendre mon vécu de l’intérieur sont parfois davantage ceux qui se piquent dans des fonds de ruelles que ceux qui étudient ces vulnérabilités sociales avec moi. Je n’ai honte ni de ce vécu qui nourrit ma sensibilité, mon intuition et mon humanité, ni de ces zones fragiles qui me donnent différents angles de compréhension du monde et de connexion a ce monde, ni de rien. Je me sent juste parfois bien seule, dans les présuppositions souvent faites qu’on est tous minimalement de la classe moyenne, de parents good-enough, de vécu dans les normes, et le sentiment d’imposture est décuplé...